En octobre dernier, le groupe international de réflexion a tenu sa première rencontre en Allemagne, juste avant celle du Conseil international de mission. Les deux groupes ont ensuite tenu une rencontre conjointe lors de la dernière journée du Conseil. Suite aux discussions qui ont eu lieu, des recommandations seront présentées au conseil d’administration et un document de positionnement sera rédigé pour l’ensemble de la Fédération.
Les discussions ont porté sur la composition même du groupe et sur sa façon de fonctionner, de même que sur le partage de la vie en communauté, ce qui a permis de faire ressortir quelques éléments de sagesse…
Composition du groupe et mode de fonctionnement
Les membres du groupe provenaient de différents milieux au sein de la Fédération. Il y avait des personnes ayant choisi de vivre l’expérience de L’Arche à long terme, des membres de notre groupe international de représentants de l’Église ainsi que des théologiens invités. Le groupe se rencontrait dans le but de faire des recommandations à la Fédération. L’interaction entre les différents membres du groupe a permis d’apporter des perspectives diverses sur l’élément du mandat que le groupe devait analyser : « partager notre vie dans des communautés ». Aucun participant ou « type » de participants n’était le principal détenteur du « savoir ». Au contraire, c’est à travers l’écoute attentive mutuelle des participants qui ont partagé leurs expériences vécues dans leur propre contexte culturel que la « sagesse » a pu voir le jour et être articulée.
Quelques éléments de sagesse
Dans le monde d’aujourd’hui, où l’individualisme est à l’honneur, « partager notre vie » et « communauté » sont des termes qui peuvent sembler à contre-courant de la tendance générale.
En analysant la signification de « partager notre vie dans des communautés », tous étaient d’accord pour dire qu’il s’agit d’un engagement dans « une façon d’être, en relation avec les autres ». Cette façon d’être apporte un sens profond d’émerveillement, de respect et d’admiration face aux autres individus et nous permet d’apprécier à leur juste valeur leur caractère sacré et leurs différences. Entrer en amitié avec une personne qui est différente va bien au-delà d’une simple amitié entre deux êtres humains.
Cette « façon d’être » implique également une pleine reconnaissance des besoins spirituels et physiques et des dons de chaque personne. Cette amitié se dévoile à travers les repas partagés ensemble et la célébration fréquente de la vie de chaque individu. Font également partie intégrante de cette « façon d’être » le fait de prier ensemble et de pratiquer des activités communes.
« Partager notre vie dans des communautés » implique une prise en compte de nos faiblesses, de nos besoins, de nos échecs et de nos conflits en tant qu’êtres humains. Ces éléments permettent à la communauté de grandir. Des conflits vont toujours survenir ; il revient à ceux et celles qui partagent cette « façon d’être » de résoudre ces conflits. Il faut être conscients de nos limites et que tout ne peut être parfait dans la vie.
Ainsi, nous pouvons nous reconnaître dans l’ordre de la création divine; notre existence dépend de Dieu et la qualité de notre existence dépend des autres.
Selon cette définition de l’expression « partager notre vie dans des communautés », le terme « communauté » devient synonyme d’une « société meilleure » où tous les individus sont interdépendants et partagent une mission et un objectif communs. Cette communauté leur permet également de grandir en tant qu’individus et de se développer à leur plein potentiel. Une communauté, c’est un groupe d’individus qui forme un tout et qui partage son histoire et sa destinée dans un engagement mutuel.
Cette « façon d’être » implique que certains sacrifices doivent être faits ; il faut être prêt à renoncer à certaines choses pour faire place à d’autres. Malgré ces sacrifices, cette « façon d’être » nous apportera un sentiment d’accomplissement, du bonheur, la joie d’être accompagné et d’accompagner quelqu’un d’autre à travers les différents stades de la vie et la mutualité des besoins découlant de cette fragilité qui est en chacun de nous.
Dans ce contexte, « partager notre vie » et « communauté » sont des termes qui, même s’ils peuvent sembler à contre-courant de la tendance culturelle générale, sont des dons qui nous proviennent directement de Dieu. |